Tout a commencé un jeudi après-midi ensoleillé, à l'aéroport de Francfort, par un vol retardé d'une heure pour une raison mystérieuse (des "nuages au dessus de l'aéroport de Barcelone", le mensonge le plus absurde qu'ils pouvaient nous pondre !)
Finalement, encore plus impatientes, Clémence et moi avons atterri à Barcelone avec une heure de retard, et il n'y avait curieusement aucune trace de nuage dans le ciel... En moins de 30 minutes on est arrivées à notre hotel, situé au metro Urgell (plus exactement, une chambre pour deux au sein d'un appartement commun, cuisine et salles de bains à partager avec 5 autres chambres)
Tout était très propre et bien sécurisé (deux codes d'accès pour arriver jusqu'à notre chambre) Comme il était relativement tard, on a juste fait un petit tour dans le quartier pour prendre la température des lieux, jusqu'à la Plaça de Catalunya, large place qui fait communiquer la vieille ville avec le quartier plus moderne de l'Eixample.
Notre périple à travers Barcelone a donc vraiment commencé le lendemain, vendredi 8 avril. Notre première étape a été le quartier de l'Eixample justement. Ce quartier de "l'élargissement" est devenu au début du XXème siècle le périmètre le plus prestigieux de la ville. Il est traversé par le Passeig de Gràcia, centre résidentiel de la haute bourgeoisie de 1890 à 1925, parcouru d'immeubles modernistes où se sont installés de nombreux magasins de luxe (Dior, Chanel, Prada, etc...)
C'est également ce quartier qui abrite un grand nombre des édifices de Gaudi, génie de l'architecture inspiré par la nature. Nous avons visité la Pedrera, ou Casa Milà, dernière oeuvre civile de Gaudi, aujourd'hui centre d'exposition permanente sur la vie et l'oeuvre de l'architecte, mais également encore immeuble d'habitations. La visite commence par la terrasse, incroyable espace où les sorties d'escalier, les cheminées et les conduits de ventilation ressemblent à de véritables sculptures. Le reste de l'exposition vaut également le détour et nous a permis de découvrir les inspirations et les techniques de Gaudi avant de voir le reste de ses oeuvres "en vrai", sur notre parcours.
La Casa Batllo (Gaudi)

La Casa Milà dite Pedrera

la terrasse de la Casa Milà


vue sur le Passeig de Gràcia depuis la terrasse

Notre parcours nous mène ensuite au Parc Güell, qui nous fait pénétrer dans le monde enchanté de Gaudi. Situé sur une colline au Nord de Barcelone, il faut déjà grimper pour mériter d'y admirer la vue superbe sur la ville et la mer. Aux origines de ce projet, c'est un industriel, Eusebi Güell, qui voulait créer en 1900 un complexe de demeures privées, d'une chapelle et d'un espace de loisirs pour la communauté qui devait s'installer dans ce parc de 20 hectares. Mais des problèmes financiers empêchent Gaudi, chargé de la réalisation, de mener le projet à son terme. En 1923, le parc est devenu propriété de la ville et en 1984, il fut déclaré Héritage de l'humanité par l'Unesco. Si vous avez vu l' "Auberge Espagnole" de Klapisch, vous vous souvenez peut-être de la "salamandre", ce long banc aux couleurs éclatantes qui ondule autour d'un amphithéâtre...




Clem sur le fameux banc ondulant

Montée jusqu'au point culminant du parc, le Turo de les Tres Creus

vue sur la ville (et notamment sur la Sagrada Familia)

En redescendant du parc Güell, on arrive dans le quartier Gràcia, ancien village rattaché à Barcelone depuis 1897. Son côté "village" est renforcé par l'existence de petites places disséminées un peu partout. Parmi elles, la plaça de Rius i Taulet abrite la tour de l'horloge, haute de 33 mètres, et la mairie, réalisée par un disciple de Gaudi. Un des premiers édifices de Gaudi, la Casa Vivenç, est isolé au milieu de ce quartier résidentiel.
la Casa Vicenç


Plaça de la Virreina et Eglise Sant Joan de Gràcia

Plaça del Diamant et sculpture contemporaine "La Colometa"

tour de l'Horloge sur la Plaça de Rius i Taulet

Mairie de Gràcia, oeuvre de Francesc Berenguer, disciple de Gaudi

Pour parfaire notre journée "Gaudi", nous nous sommes dirigées ensuite vers le quartier de la Sagrada Familia, en passant par le passeig de Sant Joan, au terre plein central très arboré. Enfin, la Sagrada Familia se dresse devant nous, immense, spectaculaire. Symbole de la ville, elle est l'oeuvre inachevée de Gaudi, qui passa plus de seize ans reclus dans l'édifice pour se consacrer à ce projet. Mais il n'en verra pas la fin et depuis sa mort, en 1926, les travaux se poursuivent de façon de plus en plus controversée, s'éloignant des plans du maître selon certains artistes et intellectuels. Cela n'a pas empêché la consécration de l'église par la pape Benoît XVI en novembre 2010.
Passeig de Sant Joan

la Sagrada Familia sous toutes ses coutures !



façade de la Nativité (côté Est)

En fin d'après-midi, après avoir déjà parcouru un certain nombre de kilomètres à pied (ça use, ça use...), nous nous sommes récompensées par une délicieuse glace de chez "Fratello", assises derrière le Palau de Mar au bord de la marina, en admirant les magnifiques yachts, le ciel d'un bleu infini... Puis on s'est promenées le long de la plage de la Barceloneta déjà recouverte de touristes en train de bronzer.
le Palau de Mar, qui abrite le Museu d'Historia de Catalunya

la Marina Port Vell et ses yachts luxueux



Plage de la Barceloneta avec le World Trade Center en forme d'aileron


Eglise Sant Miquel del Port (1753), saint Michel étant le patron de la Barceloneta

Sur le chemin du retour, nous avons longé le port et le Moll de la Fusta, promenade aménagée, qui débute par une sculpture de Roy Lichtenstein (1992), la "Cara de Barcelona" (le visage de Barcelone) A l'opposé, au bout de la promenade, se dresse la statue de Christophe Colomb, colonne de 60 mètres érigée pour l'Exposition universelle de 1888 en hommage à l'explorateur génois que l'on dit ici catalan. Son doigt ne pointe pas l'Amérique, mais la Méditerranée.
la Cara de Barcelona de Lichtenstein

le Passeig de Colon, avec au loin la statue de Colon et la colline de Montjuic en arrière plan

les "Bicing", cousins catalans du Vélib parisien ou du Bicloo nantais

La Statue de Christophe Colomb

Le soir, nous avons savouré des spécialités catalanes dans le plus vieux restaurant de la ville, "Can Culleretes", fondé en 1786. Avant même l'ouverture du restaurant, à 21 heures, il y avait déjà une quinzaine de personnes à attendre devant la porte ! Cela ne nous pas fait peur mais plutôt confortée dans l'idée que c'était sans doute un très bon restau ! Ma sole grillée à la sauce aux amandes ne m'a pas déçue en tous cas...
